La ville de Paris souhaite rejeter à l’extérieur de son territoire le terrain de manœuvres du champ de Mars. En 1889, elle saisit l’occasion offerte par l’Exposition Universelle, et annonce son désir de conserver un certain nombre de monuments, dont la Tour Eiffel. Elle acquiert alors des terrains à Issy qu’elle échange ensuite avec l’Armée. Le 31 décembre 1891, les militaires s’installent sur la commune d’Issy-les-Moulineaux et l’Armée devient le plus gros propriétaire foncier.
Les militaires louent leurs terrains aux premiers « avionneurs » qui cherchent un espace pour leurs essais. Très vite, la vocation de la plaine s’affirme autour du champ de manœuvres : elle devient au début du XXe siècle le principal lieu d’implantation des industries aéronautiques.
A Issy-les-Moulineaux, les frères Charles et Gabriel Voisin s’installent en 1907 en bordure du champs de manœuvres afin d’effectuer facilement leurs essais. Après le décès accidentel d’Edouard Nieuport, pilote chevronné installé à Suresnes, Henri Deutsch de la Meurthe décide le transfert de l’entreprise à proximité des établissements Voisin à Issy. Les frères Caudron créent une école de pilotage et s’installent dans un atelier à l’intersection des rues Rouget de Lisle et Camille Desmoulins.
Qualifié par tous les historiens de « Berceau de l’aviation mondiale » le terrain d’Issy-les-Moulineaux voit son histoire débuter fortuitement pendant l’année 1905 alors qu’il se trouve remarqué par quelques fanatiques de l’aviation naissante.
Usant de ses relations, Ernest Archdeacon, mécène passionné, obtient l’autorisation d’utiliser ce terrain sous certaines conditions qui revêtent très rapidement un caractère dissuasif pour nos pionniers. Parmi les contraintes imposées par l’autorité militaire, maîtresse du lieu, figure l’obligation de mener les essais de 4 à 6 heures du matin.
Toutefois, la phase de l’aviation inaugurée à Issy-les-Moulineaux semble la plus pure de toute l’histoire de cette science : intuition et expérimentation vont de paire avec imagination créatrice. Il est intéressant de constater par exemple que Farman, Voisin, Delagrange ont tous trois étudiés aux Beaux-Arts. Ces pionniers sont en même temps les inventeurs, les ingénieurs et les pilotes d’essai des machines qu’ils mettent sur pied..jpg)