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Serguei : "Je ne croque pas l’actualité, je l’ausculte, je la respire"

Date de publication : 04-05-2018   |   Dernière mise à jour : 30-10-2018   |     |  

Rencontre avec le dessinateur Serguei, à l'occasion de son exposition à l'Hôtel de Ville.

Vous pourrez rencontrer le dessinateur au Festival du Livre le samedi 16 juin prochain où il dédicacera son dernier roman La Poubelle des merveilles (Albin Michel).

 

Quel regard portez-vous sur l’actualité avant de la croquer ?

Serguei : Ma hiérarchie est dictée par la gravité ou l’urgence du sujet. La violence, la mort et l’esclavage se banalisent. Je ne croque pas l’actualité, je l’ausculte, je la respire, je la mâche et après avoir laissé les ingrédients mariner dans mon cerveau, la mise en scène de mon dessin rend forme instantanément. Il ne me reste plus qu’à le poser sur le papier, tranquillement, comme s’il était déjà fait.

 

Dans quelle mesure faites-vous preuve d’engagement à travers vos dessins ?

S. : D’abord, la grande liberté dont je bénéficie me permet de braquer les projecteurs sur des causes qui me sont chères. Il y a toujours un ennemi à combattre ou un personnage à soutenir. Quand un sujet suggère une prise de position, je ne me gêne pas pour m’engager à fond.

 

Dernièrement, avez-vous pris un plaisir particulier à traiter certains sujets ?

S. : Sans plaisir, le travail de dessinateur serait un tourment. Il n’est pas de sujet qui puisse se passer de l’éclairage d’un dessin. Et, si on veut pousser le raisonnement plus loin, je dirai que la difficulté à traiter un sujet délicat, un défi supplémentaire pour le dessinateur, peut être une source de plaisir.

Parfois, on pourrait comparer la réalisation d’un dessin à un voyage dont on ne connaît pas la destination précise. L’idée peut surgir rapidement, mais on sait qu’il nous reste à la rendre lisible. Alors un autre voyage commence, où de nouvelles idées viennent se greffer pour enrichir le message. Soit en ajoutant des détails ou, au contraire, en gommant certaines lignes superflues. La mise en scène définitive finit par nous surprendre, heureux d’arriver à bon port, sans que le crayon ne s’ennuie un seul instant. Et ça, c’est du pur plaisir.

 

Votre dernier roman, La Poubelle des merveilles, que vous présentez dans ce salon, évoque la dictature en Amérique latine : quelle place l’autobiographique y a-t-elle ?

S. : Le sujet n’est pas l’Argentine des généraux – bien qu’ils fassent une courte apparition dans le livre – mais celui d’une nouvelle société qui se forme sur une île, à l’abri de politiques bien pensantes, de la haine et d’un gouvernement qui ne peut contrôler le changement qui s’y opère. L’esprit de résistance et l’envie de renouveau font de cette île un rempart contre la dictature. La Poubelle des merveilles parle d’un temps sans horloges, d’un amour sans censure, de la caresse de la nature pour soigner les blessures, d’un espoir d’autonomie et d’absolue liberté. Elle parle d’écologie, de racisme, des affres de la compétition, du danger des sectes et des fanatismes. Je n’en ai pas fait un pamphlet autobiographique pour autant. Bien sûr que j’ai vécu le calvaire des disparitions, l’horreur sur place. Mais l’Argentine est autre chose que le théâtre d’une guerre sale.

 

Venez découvrir ses dessins à l'Hôtel de Ville du 16 mai au 18 juin.

 

 

 

 

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